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Publié : 29 mars 2011

Risques liés à l’extraction du NICKEL

Article paru dans le Bulletin de l’Andeva n°31 (décembre 2009)

MINES DE NICKEL

TERRES AMIANTIFERES

« Personne ne peut plus nier la réalité du risque amiante en Nouvelle Calédonie »

Le gouvernement calédonien a annoncé officiellement la signature d’une convention avec le Fiva, des mesures de prévention dans les mines de nickel et une mise à jour sur la réglementation amiante pour les bâtiments et l’environnement. Il ne reste plus qu’à passer des paroles aux actes.


« Les choses bougent en Nouvelle Calédonie, explique André Fabre, le président de l’Adeva NC. Pendant des années, nous avons alerté sans succès les autorités calédoniennes sur les dangers de l’amiante. Quand j’expliquais que l’amiante et le nickel étaient géologiquement liés, personne ne voulait m’écouter. C’était l’Omerta. Aujourd’hui cette réalité est admise par tous ».

Un rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur l’amiante environnemental dans la production minière en a officiellement pris acte. « Le but de ce rapport n’était pas de savoir si l’amiante est une réalité ou non dans le domaine minier. C’est un fait acquis à présent », dit aujourd’hui Philippe Dunoyer, membre du gouvernement chargé de la Santé, qui annonce un plan de mesures.

FIVA : en finir avec l’apartheid

La première mesure évoquée est la signature d’une convention entre le gouvernement de la Nouvelle Calédonie et le Fiva pour l’indemnisation des victimes calédoniennes...

« 27 dossiers ont été déposés au FIVA, avec l’aide de l’Adeva NC, explique André. Les premiers ont été envoyés en 2005. Certaines victimes attendent maintenant depuis quatre ans d’être indemnisées ! Plusieurs sont décédées depuis. Leurs familles n’ont toujours rien touché. A ce jour, un seul dossier sur 27 a fait l’objet d’une indemnisation. Il concerne une victime calédonienne contaminée en métropole, à Jussieu. Celles qui ont été contaminées ici attendent toujours. Il faut en finir avec ce véritable apartheid social. Le gouvernement calédonien doit agir vite ».

Protéger les salariés des mines de Nickel

D’autres mesures préconisées par le BRGM sont annoncées : évaluation des teneurs en amiante des minerais, formation au repérage de l’amiante, évaluation de l’exposition par poste de travail et par zone, cartographie et goudronnage des pistes minières où le passage des camions soulève des poussières d’amiante…

La Société Le Nickel (SLN), qui a longtemps nié le danger, se déclare aujourd’hui prête à agir.

« Les mesures d’empoussièrement dans les mines ont été jusqu’ici réalisées par la SLN, explique André. Elle ne peut être juge et partie. Ces mesures devraient être réalisées par un organisme agréé et indépendant ». Si les engagements pris sont tenus, deux textes importants devraient être applicables dès 2010 : le premier concernerait la recherche d’amiante dans les bâtiments, avec notamment l’arrivée du « diagnostic amiante », déjà en vigueur depuis des années en métropole.

L’autre devrait concerner l’amiante environnemental. Sur une île où l’amiante affleure à l’état naturel sur une grande partie du territoire, c’est une question cruciale. Il suffit que des engins de chantier creusent des terres chargées d’amiante pour provoquer des pics de pollution très élevés.

Enfin une loi sur l’amiante environnemental

« Il n’existait aujourd’hui qu’une seule règlementation, qui ne concerne que les travailleurs, explique André. Elle est imprécise pour les cas d’exposition à l’amiante naturel environnemental, c’est à dire pour les travaux de génie civil (terrassements) ou extractions minières et carrières. En métropole une modification relative aux travaux "en terrains amiantifères" a été ajoutée au Code du Travail le 1er juillet 2006, grâce à l’intervention de Patricia Burdy, inspectrice du travail. Elle n’a pas encore été prise en compte dans les textes calédoniens. Il est urgent de combler cette lacune »

François Barthelme, directeur adjoint de la Direction du travail et de l’emploi, estime que cette législation permettra de « savoir s’il y a de l’amiante dans le sol, avant de faire des travaux » et d’imposer au maître d’ouvrage la réalisation d’un plan de prévention avec arrosage et port de protections individuelles.

Le 14 novembre, a été organisée à Nouméa une « journée technique amiante » sur le thème « Amiante et protection des travailleurs en Nouvelle Calédonie : bâtiments, Mines, Carrières, Travaux publics », avec édition d’un CD Rom.

Oui, les choses bougent en Nouvelle Calédonie. Les militants de l’Adeva NC en prennent acte, mais ils sont décidés à rester vigilants.

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